Le soleil frappait sans tendresse.
Il s’installait au coin de ma rétine,
comme une gifle colorée.
Je la regardais comme on regarde un frère plus courageux.
Elle ne demandait rien.Elle existait.
L’air sentait le yuzu artificiel,
le chewing-gum à la fraise bon marché.
Une odeur de bouche adolescente,
de désir mal caché.
Une odeur sucrée qui disait :
tout cela est faux,mais prends-le quand même non?
La chaleur au bout de mes lèvres
les consumait une à une,
comme si vingt jours de liberté
pouvaient se dissoudre en quelques secondes.
Mais à mes pieds pris dans une mélasse rosâtre.Épaisse.Collante.
Une libellule
Je dus m’accroupir pour accepter.
Au même titre que mon verre vide.